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Lise Gobeille
8 octobre 2011 Art de vivre / Jardinage
L'art est dans les feuilles
Photo : Marise Vitti
Le Land Art est sûrement l'art qui rejoint le plus les jardiniers, car l'artiste crée in situ, dans la nature, avec des matériaux qu'il affectionne. Tout un chacun peut faire du Land Art, mais si on veut voir les réalisations d'artistes professionnels, on va faire un tour au Pavillon de la pomme à Saint-Hilaire. Puis on fera un clin d'œil aux asters d'automne, ces dernières fleurs des jardins, avant de se préparer pour l'hiver.
Né vers la fin des années 60 et issu de l'art contemporain, le Land Art a pris forme aux États-Unis. Certains artistes américains de l'époque cherchaient à sortir des sentiers battus et des cadres usuels. Ils ne voulaient plus simplement représenter la nature, ils voulaient travailler au coeur de celle-ci en utilisant ses matériaux: bois, terre, pierre, sable, roche, etc.
La plupart des oeuvres de Land Art revêtent un caractère éphémère, sont exposées aux éléments, se transforment et sont vouées à plus ou moins long terme à la disparition. Souvent, il ne demeure d'elles qu'un souvenir photographique ou des vidéos. Dans la plupart des cas, le Land Art est un art simple et accessible. Des feuilles, des fleurs et des branches, un peu de temps et de l'inspiration, et l'on se surprend à réaliser in situ une oeuvre passagère.
L'art bucolique
Depuis maintenant cinq ans, une activité Land Art a lieu tous les automnes au Pavillon de la pomme, à Saint-Hilaire. Populaire et attendue, cette activité, intitulée Créations-sur-le-champ. Land Art Mont-Saint-Hilaire, qui se tient dans un verger et une pinède, est un rendez-vous pour la famille, les amateurs d'art et de nature. Dans ce paysage bucolique, on sillonne les sentiers qui nous guident d'une oeuvre à l'autre. L'endroit porte à la réflexion et à la contemplation, ce qui n'empêche pas une atmosphère conviviale.
Depuis l'année dernière, l'événement a pris une dimension internationale; cette année, trois artistes proviennent de l'extérieur du Canada et un autre, de l'Ontario. Au total, 10 artistes professionnels viendront créer des oeuvres à partir de matériaux qu'ils trouveront sur place. Précisons qu'ils ont tout de même droit à une petite touche de matériaux importés.
Entre le 12 et le 16 octobre, on peut voir à l'oeuvre André Boisvert de Mont-Saint-Hilaire, Jolanta Sprawka et David Moore de Saint-Denis-sur-Richelieu, Olivier Lefebvre et Linda Swanson de Montréal, Michael McGillis de Royal Oak (Michigan), Stacy Levy de Spring Mills (Pennsylvanie), W. Gary Smith de Toronto, Luce Pelletier de Québec et Nicole Dextras de Vancouver.
Cet événement est organisé par la Ville de Saint-Hilaire en collaboration avec Jérémie Boudreault, qui en est la directrice artistique. Le dévoilement des oeuvres aura lieu le dimanche 16 octobre, à 11h.
Protections hivernales
Un jardin de cônes de styromousse et de géotextile n'est pas très joli à regarder tout l'hiver, c'est pourquoi il est préférable de choisir des plantes rustiques. Mais bon, on se laisse souvent tenter par quelques beautés dont la rusticité est limite. Si elles sont de petite taille, on favorise l'accumulation de neige, qui est un excellent isolant, en déposant sur les végétaux des branches, idéalement de pin. Si les plantes sont de plus grandes dimensions, on n'a pas le choix d'utiliser des toiles et des cônes. On doit attendre que le sol soit bien gelé et que le froid soit arrivé en permanence avant de les installer. Sinon, on risque la surchauffe sous les protections et, de plus, ce microclimat favorise le développement des maladies.
Le géotextile, une toile de fibres synthétiques, offre une excellente isolation thermique, une protection contre le vent et les bruines salines. On l'emploie à la place de la jute, qui demeure tout de même un bon choix, mais moins efficace. Puis, on peut aussi employer les cônes de styromousse, mais on est bien limité dans le choix des grandeurs et des formes. Il faut parfois protéger les plantes des chutes de neige ou de glace en provenance du toit, ou de la neige accumulée par le déneigement.
Si l'accumulation n'est pas trop importante, on attache simplement les arbustes; sinon, on les protège avec de la clôture à neige. Certains conifères de forme colonnaire doivent être emmaillotés dans un filet pour éviter que leurs branches, s'alourdissant par la neige, ne déchirent. Enfin, la modération a bien meilleur goût et évite beaucoup de travail. Puis, si une plante ne résiste pas, eh bien, c'est qu'elle n'était pas au bon endroit!
Aster d'automne
Les asters d'automne donnent un dernier coup d'éclat au jardin et le colorent d'une multitude de jolies fleurs étoilées. La majorité des hybrides disponibles proviennent des espèces nova-angliae et nova-belgii; leur floraison est remarquablement longue et s'étend d'août à octobre. Les asters apprécient le soleil, mais tolèrent la mi-ombre. Ils croissent dans tous les types de sol pourvu qu'ils soient bien drainés. Plantes de haute dimension, il est préférable de les placer à l'arrière des platebandes.
Voici quelques hybrides intéressants: Aster nova-angliae «Rudelsburg» porte une multitude de fleurs roses et «Vibrant Dome», une multitude de fleurs rose framboise vibrant; Aster nova-belgii «Crimson Brocade» a des fleurs semi-doubles rouge framboise et «Marie Ballard», des fleurs doubles d'un bleu magnifique.
Livre
L'herbier toxique Codes secrets pour plantes utiles, par Bertrand Bernard, éditions Plume de carotte, France, 2009, 195 pages, 69,95 $.
Les plantes toxiques fascinent et font peur, car plusieurs d'entre elles peuvent guérir, mais aussi tuer. Tout est une question de dosage. Dans cet excellent ouvrage, 70 plantes toxiques sont décrites avec leurs histoires intéressantes, parfois étonnantes. L'ouvrage est magnifiquement illustré à l'aide de planches d'herbier, de vieilles gravures et de photos. La notion de toxicité y est longuement abordée, en particulier celle de la dose ainsi que le potentiel médicinal de ces plantes.
De nos jours, en France, pour éviter toute intoxication, des lois régissent l'utilisation de préparations traditionnelles à base de plantes. Sont-elles si dangereuses au point d'en interdire l'usage et d'aller même jusqu'à incarcérer quiconque donnerait une recette de préparation? N'y aurait-il pas plutôt le désir de protéger un certain marché? Toutes ces questions sont également abordées par Bertrand Bernard dans ce livre.
Très bien documentée, cette publication a été réalisée en collaboration avec les Universités de Montpellier 1 et 2, la première détenant le Droguier de Pharmacie et la seconde, l'herbier de l'Institut de botanique. Bernard Bertrand est un écrivain-paysan passionné qui milite pour l'agriculture biologique et la réappropriation des connaissances ethnobotaniques en perdition. Du même auteur ont aussi été réalisés L'herbier oublié, L'herbier érotique et L'herbier boisé.
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Des questions sur votre jardin, des interrogations horticoles? N'hésitez pas à me contacter à lgobeille@ledevoir.com
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Conseils du jardinier
Sur les sols argileux et les loams, on étend le fumier composté ou le compost à l'automne ou au printemps. On attend au printemps sur les sols sableux. On applique une bonne couche que l'on incorpore aux premiers centimètres du sol.
Si vous avez des problèmes de culture, une analyse de sol peut grandement vous aider. L'automne est un bon moment pour faire les corrections nécessaires. Si c'est une question de pH, on alcalinise le sol avec de la chaux ou de la cendre et on l'acidifie avec du soufre microfin, du sulfate de fer ou des aiguilles de conifères.
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