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Philippe Mollé 
17 février 2012  Art de vivre / Restaurants
Des accords disparates

Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir

Bar à vins, restaurant Les Accords, 212, rue Notre-Dame Ouest, Vieux-Montréal, 514 282-2020.
Au tout début, le concept semblait original: on misait tout ou presque sur les vins, car les propriétaires du restaurant Les Accords, Guy A. Lepage et Chantal Fontaine, sont de fervents amateurs de «bons vins».

Dans ce demi-sous-sol du Vieux-Montréal, on a voulu en effet que la dive bouteille soit la reine des lieux. Les accords proposés, toutefois, ne s'accordent pas toujours au choix des clients, qui se sentent souvent obligés de faire plaisir au sommelier.

Le concept, qui a un peu évolué, favorise toujours les vins avant le repas, mais il permet de ne pas être d'accord sans se faire rabrouer.

L'endroit est charmant, voire attachant; il n'est pas guindé, ni trop chic, même si on y vient aussi pour voir et être vu. On apprécie les tables de bois, les très beaux verres (bon vin oblige) et la vieille pierre qui, ici, fait partie de la maison.

La salle, tout en longueur, laisse voir un grand cellier offrant quelques petites découvertes uniques qui doivent combler les propriétaires, tout comme les clients en quête de trouvailles et au portefeuille bien garni.

Côté cuisine, on propose une restauration à partir de produits du Québec, mais les accords sont parfois quelque peu éclectiques, ou même surprenants.

La restauration sérieuse fait peu d'argent le midi, avec les tables d'hôte à petits prix, et propose rarement autre chose que les habituels tartares, cuisses de canard ou, comme ici, la bavette.

Pour commencer notre repas du midi, mon invitée choisit la traditionnelle salade mixte (de mesclun) tandis que j'opte pour le potage du jour, une crème de courge et bacon.

Voilà une cuisine passe-partout qui comble un appétit, certes, mais qui n'offre pas grand-chose au chapitre de la recherche et de la créativité. Oui, la salade était correcte; mais le potage, en conserve, a laissé un souvenir flou qui ne m'a pas convaincu. Je me souviens aussi qu'on me l'a servi tiède.

Un jour, le célèbre Paul Bocuse m'a dit ceci: «Le plus dur à réussir pour un cuisinier, c'est un potage et une omelette. C'est là-dessus que je juge un bon cuisinier.»

Nous avons poursuivi avec la bavette. Il s'agit d'une pièce de viande complexe qui peut être géniale, goûteuse, ou carrément filandreuse. On la sert souvent avec des frites-mayo, un classique. La nôtre était parfaitement cuite, mais dure sous le couteau et sous la dent. Quant aux frites, il n'y a rien à redire, elles étaient parfaites.

Enfin, les vins servis au verre suggérés par le serveur étaient, eux, vraiment à la hauteur des attentes, tout comme le café espresso.

Dommage que l'on sacrifie la cuisine du midi, qui mériterait, ici, aux Accords, une touche d'attention additionnelle. Ce n'est pas que la cuisine soit mauvaise, loin de là, mais ce fut cette fois une déception, car les accords parfaits n'étaient point au rendez-vous.


Collaborateur du Devoir
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