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Émilie Folie-Boivin 
9 juin 2012  Art de vivre / Voyage
Vitrine voyage - Motel Blues, Bill Bryson



Motel Blues

Bill Bryson

Petite Bibliothèque Payot

Paris, 1989

Comme bien des enfants, Bill Bryson a le souvenir des longues escapades en voiture avec le paternel au volant. Nostalgique, il décide à 36 ans de chiper la Chevette Buick de sa mère et de retourner sur les traces de son enfance en sillonnant une quarantaine d’États américains en partance de l’Iowa, dans un désopilant road-trip. Contrairement à ce qu’indique le titre français de l’ouvrage, les motels sont à peine effleurés dans le récit ; Bryson s’intéresse plutôt à des bleds perdus aux États-Unis (d’où le titre original The Lost Continent : Travels in Small-Town America). Le périple de l’auteur, vulgarisateur scientifique, chroniqueur et ancien journaliste, sied au crépuscule des années 1980 ; le mène dans des musées historiques brinquebalants, en Pennsylvanie dans un restaurant au menu à volonté, près d’un village amish…

« Je n’arrêtais pas de manger. J’avais tout juste assez de forces pour lever ma cuillère, mais je continuais à m’empiffrer. C’était grotesque. La bouffe commençait à s’échapper de mes oreilles. J’ai bien dû consommer ce soir-là l’équivalent du produit brut du Lesotho. » Au passage, il gracie le lecteur de capsules édito-historiques. « Choisir Christophe Colomb comme héros national m’a toujours semblé bizarre de la part d’un pays aussi attaché au succès qu’est l’Amérique. Car tout bien considéré, la vie de Colomb est un monumental fiasco : il a fait quatre longs voyages vers les Amériques sans jamais se rendre compte qu’il n’était pas en Asie et sans rien découvrir d’intéressant. Et alors que tous les autres explorateurs rentraient à la maison avec des choses fascinantes […], Colomb, lui, ne ramenait que des Indiens tout désorientés — et encore, il pensait que c’était des Japonais. » Un remède pour les jours gris et ceux où l’on voit rouge.

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