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Stéphane Baillargeon 
11 février 2012  Culture / Actualités culturelles
L'avenir en ligne

Photo : Behavior

Comme les nains, les grands aussi ont commencé petits. Behavior, fondé en 1992, est devenu un des plus importants studios indépendants du Québec. La compagnie adapte des productions télévisuelles ou cinématographiques (un jeu pour le film Rango, un autre pour l'émission Wipe Out, etc.), mais développe aussi de plus en plus de petites formes en ligne, parfois de son propre chef.

«Ces temps-ci, les formats traditionnels ont un peu plus de difficulté et le futur semble de plus en plus dans le jeu social en ligne», explique Yves Lachance, chef des opérations et chef de studio de Behavior, installé au centre-ville, à deux pas du Devoir. Il cite une étude signalant une croissance de 240 % du nombre de joueurs en ligne aux États-Unis depuis 2008. «Beaucoup de gens qui ne s'intéressent pas aux jeux très immersifs que l'on crée à Montréal sont attirés maintenant par des formes plus simples et très conviviales.»

Pour lui, ces productions 2.0 se rapprochent des jeux à l'ancienne d'un cube Rubik ou d'un jeu de patience. «On y joue vite, pour passer un peu de temps. On y joue au bureau pendant une pause ou en transit. Le téléphone mobile se prête très bien à ce passe-temps et le nombre de joueurs augmente très rapidement.»

Une équipe de Behavior a ainsi développé Dog Show Friends en marge du National Dog Show des États-Unis. La création a rameuté plus de 600 000 personnes en quelques semaines sur Facebook.

La compagnie montréalaise a également créé un jeu éducatif pour One Drop, la fondation de Guy Laliberté, du Cirque du Soleil, engagée dans la préservation de l'eau. La production baptisée Water Hero, lancée en douce en novembre, a déjà attiré quelque 100 000 visiteurs, là encore sur Facebook.

La compagnie a lancé six jeux semblables en ligne en 2011. Environ 70 employés sur 250 «béhavioristes» développent maintenant ce genre de produits. Le directeur estime qu'à moyen terme, la moitié des effectifs s'y consacrera.

«Ce n'est pas du bas de gamme par rapport aux grands jeux lourds qui constitueraient du haut de gamme, avertit toutefois Yves Lachance. C'est une forme différente. En plus, les petites formes minimisent les risques pour une entreprise. Pour les très grosses séries, le succès d'un lancement, d'une marque, dépend du contenu bien sûr, mais aussi beaucoup du marketing. C'est très coûteux. Et c'est pareil pour un gros film. Maintenant, on peut faire un lancement à petite échelle, tester le produit et laisser la qualité de l'expérience s'imposer. Le succès du produit dépend donc plus de la création, ce qui est une très bonne chose.»
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