Pour moi qui trouve parfois cette bécane ronflante, voilà que je flottais de joie sur mes deux roues. Viens-t’en, Fernando, on va pédaler jusque dans le Vieux et donner raison au poète Paul Bélanger, qui raconte dans un très beau texte (éditions du Silence) que tu y avais séjourné à l’hôtel du Port dans un autre siècle.
Arrivé à mon port d’attache, un jeune homme sort de derrière un buisson avec une gratte et enlève le poème. Mais qu’est-ce que vous faites ? je lui dis. Il me répond que c’est du vandalisme d’après son employeur et qu’il doit le remplacer par un Rio Tinto écarlate de froideur.
Je reste coi un moment et me mets à penser que ce geste est à l’image même de ce qui se passe en société, où la culture générale est une espèce en voie de disparition, comme une plaie qu’on doit panser chaque fois par la commercialisation de l’esprit. Partout, toujours et tout le temps. Ici, dans le cas du Bixi, c’est bien dommage, puisque c’était une occasion rêvée de faire prendre l’air à des poètes, de donner des ailes à notre poésie.
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