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La Presse canadienne  
26 janvier 2012  Culture / Cinéma
Café de Flore taillé en pièces par la critique en France

Paris — À quelques rares exceptions près, Café de Flore, de Jean-Marc Vallée, a été taillé en pièces par la critique française hier, jour de sa sortie en France. En salle, le long métrage ne s'est pas trop mal tiré d'affaire en revanche, même si la partie est loin d'être gagnée.

À Paris, où il a pris l'affiche dans une douzaine de cinémas, Café de Flore a connu un assez bon démarrage dans les circonstances, avec une moyenne de 45 spectateurs par écran lors de la fatidique projection de 14 heures.

En 2006, C.R.A.Z.Y., le premier film de Vallée, avait enregistré à la même heure 502 entrées pour 15 copies, pour une moyenne de 33 spectateurs. Divine surprise: le long métrage, soutenu il est vrai par des médias presque unanimes, avait fini sa carrière avec près d'un demi-million d'entrées au compteur.

Il est peu probable cependant, si le public suit la critique, que Café de Flore, «trop long et tarabiscoté, obtienne la même audience», comme l'a écrit le magazine branché Les Inrockuptibles.

Certes, le tableau n'est pas complètement noir. Des publications comme La Croix ou Paris Match ont aimé Café de Flore. Mais de manière générale, l'accueil critique — dans un registre allant du jugement très sévère à l'exécution sommaire — s'apparente à une démolition en règle.

Une fois passées les bonnes paroles sur la performance de Vanessa Paradis ou la première partie parisienne de l'intrigue, le couperet tombe sans appel sur ce «pensum» «mystico-benêt», «alambiqué» et «maniéré», enserré dans ce que Les Inrocks qualifient de «tambouille new-age».

«Pour Vanessa Paradis, on peut voir ce Café de Flore. Pour elle, on peut aussi être profondément irrité par l'extravagante nunucherie de ce film enflé jusqu'à contenir deux récits pour les digérer en une bouillie mystique et moderne», a écrit Le Monde, irrité par le «maniérisme» de Vallée.

«L'ensemble est tellement fumeux qu'on s'interroge jusqu'à la fin pour comprendre où il [Jean-Marc Vallée] voulait en venir», a ajouté le quotidien populaire Le Parisien, exaspéré lui aussi par les «figures de style agaçantes (sillages d'avion dans l'azur, ralentis à gogo)» qui parcourent le film.

Le magazine culturel Télérama, qui avait adoré «l'épatant» C.R.A.Z.Y., a parlé de son côté d'une «déception à la mesure de l'enthousiasme de jadis».

«Ce Café de Flore est un mix mystico-benêt de deux époques, de deux histoires, réunies à la glu par un artifice de scénario digne de Paco Rabanne: la réincarnation. [...] À la fin de ce pensum, il reste l'espoir que Jean-Marc Vallée se réincarne en cinéaste inspiré», écrit l'hebdomadaire dans un trait assassin.

Le reste est de la même eau: «grandiloquent», «inutilement alambiqué», Café de Flore, film «naïf et prétentieux», «s'abîme plus d'une fois dans le pathos», a jugé Le Point.

Le long métrage de Jean-Marc Vallée trouve quand même grâce aux yeux de quelques médias. TF1 l'a aimé, tout comme Paris Match («bouleversant»), le gratuit Métro («Un récit aussi magique qu'inattendu») ou le quotidien catholique La Croix, qui a évoqué «une fable étrange et mystérieuse, tissée de récits parallèles qui se dénouent peu à peu».

Entre les deux, il y a ceux qui livrent sur le film un jugement «mi-figue, mi-raisin», comme l'hebdomadaire L'Express, qui déplore tout de même «un dénouement mystique décevant», le magazine Elle ou Les Inrocks, qui nuancent leur jugement plutôt sévère en parlant d'un «film bi-face, raté d'un côté, plutôt touchant de l'autre».

Café de Flore a pris l'affiche dans 106 salles à travers la France. Lors de la première projection de l'après-midi, qui décide en général de la carrière d'un film, il a fait 547 entrées dans les 12 salles parisiennes où il est programmé. Si on inclut la banlieue, on compte 761 entrées pour un total de 21 écrans (pour une moyenne de 36 spectateurs).
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