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Frédérique Doyon
2 février 2012 Culture / Danse
Danse - Dialogue ludique avec le Sacre du printemps
Photo : Damian Siqueiros
Variations S
De: Hélène Blackburn (Cas public). Avec: Alexandre Carlos, Sébastien Cossette-Massé, Roxane Duchesne-Roy, Jean-Philippe Giraud, Merryn Kritzinger, Daphnée Laurendeau, Rocky Leduc Gagné, Susan Paulson.
À la Maison Théâtre les 2, 3, 8 et 10 février.
Pas de temps morts dans ces Variations S de la compagnie Cas public. La pièce pour huit danseurs, inspirée du Sacre du printemps des Ballets russes (fondés en 1909), se sert habilement de l'énergie vitale de l'œuvre originale pour rejoindre le public adolescent.
La pièce se veut surtout un dialogue ludique avec la musique de Stravinski, remaniée par le compositeur Martin Tétreault, qui a inséré des échantillonnages à la bande originale. Un DJ (Samuel Thériault) complète la subversion géniale en scratchant en direct par-dessus la création de Tétreault. À ce titre, la pièce touche sa cible en déclinant à sa manière originale toute la modernité de Stravinski, dont le Sacre repose sur le rythme.
Côté danse, la chorégraphe Hélène Blackburn et ses généreux danseurs s'éclatent, en additionnant les styles les plus variés. À un rythme endiablé. Pour le meilleur (la décharge d'énergie colle à l'esprit de la musique) et pour le pire (le trop-plein de l'éclectique gestuelle tourne à vide à la longue).
Les envolées virtuoses des duos, aux lignes plus classiques, côtoient des mouvements de groupe à l'esthétique seventies (où un interprète compte même les temps de la danse). Après quelques scènes empruntant aux danses de rue, les danseurs ressortent les chaussons de ballets qui font la marque de la troupe. Le tout traversé par cette attitude mi-nonchalante, mi-défiante des ados.
L'éclectisme de la culture pop serait-il un enfant de Diaghilev (le directeur des Ballets russes)? Un clin d'oeil aux ruptures de la chorégraphie initiale de Nijinski? On tente peut-être de faire des liens où il n'y en a pas. Peut-être parce qu'on aurait voulu qu'il y en ait plus, notamment avec la charge brutale et controversée de l'oeuvre créée en 1913.
Mais on comprend que la chorégraphe n'ait pas voulu faire une pièce didactique. Et c'est très bien comme ça. Seules quelques phrases projetées sur un écran en amont et pendant le spectacle rappellent que la troupe de Diaghilev a révolutionné le ballet. Juste assez pour inscrire le nom des Ballets russes et de Stravinski dans la mémoire des jeunes spectateurs. Qui semblaient hier gagnés par la fièvre printanière furieuse de Cas public.
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