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Le Devoir 
14 mai 2010  Culture / Musique
Vitrine du disque - 14 mai 2010



Classique
HALVORSEN
Symphonie no 1. Suite de Mascarade. Marche des Boyards. Andante religioso. La Mélancolie. Orchestre philharmonique de Bergen, Neeme Järvi. Chandos CHAN 10584.

La musique du Norvégien Johan Halvorsen (1864-1935) est l'un des joyaux les plus méconnus du répertoire nordique. La carrière de Halvorsen, violoniste, chef et compositeur, est liée à la ville de Bergen, qui lui retourne aujourd'hui la politesse en enregistrant une grande anthologie de sa musique en quatre volumes, dont voici le premier. Halvorsen fut un prolifique compositeur de musiques de scène. Il écrivit aussi trois symphonies et ses deux Rhapsodies norvégiennes ont déjà été enregistrées par Simax et Naxos. Par rapport à Grieg (1843-1907), qui le précède d'une génération, sa musique ne marque aucune évolution de style ou de langage. Halvorsen reste attaché à un foisonnement mélodique qui semble tiré tout droit du folklore de son pays. Mais son invention mélodique nous vaut ici 76 minutes de musique romantique chatoyante.
Christophe Huss

Halvorsen: Marche des Boyars


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Classique
STRAVINSKI
Le Sacre du printemps, version pour piano seul. Serhiy Salov.
Analekta AN2 9932.
Le CD Printemps sacré des slaves présente un compositeur ukrainien inconnu, Ihor (ou Igor) Shamo, dont les agréables Aquarelles printanières portent bien leur nom, ainsi qu'un tour de force: une transcription pour piano seul du Sacre du printemps par Serhiy Salov. C'est un pari fou, quand on connaît la complexité de l'oeuvre orchestrale et le déploiement virtuose de la transcription pour piano à quatre mains du compositeur, qui a aussi réalisé, en 1916, une réduction pour piano mécanique (pianola), chose hoquetante accessible sur le site Internet du chef Benjamin Zander et sans commune mesure, en musicalité, avec le délire de la transcription de Salov. Le pianiste ukrainien pourrait bien se faire un nom avec ce projet risqué, mais maîtrisé avec prouesse. Ma seule réserve va à certaines sections calmes (ex. Rondes printanières), qui semblent un peu déconstruites et voient la tension chuter. Réserve minime devant un tel pari.
Christophe Huss

Stravinski: La danse de la terre


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Monde
THE ROAD AHEAD...
Parmela Attariwala / Shawn Mativetski
The Attar Project
La violoniste torontoise Parmela Attariwala et le tablaïste montréalais Shawn Mativetski font appel à des compositeurs contemporains qui explorent le mariage de l'Orient et de l'Occident. À l'exception d'Oracle qui ouvre à l'esprit shamanique, les pièces furent commandées par l'Attar Project associé aux deux artistes. L'approche y est très variée. Sodoku d'Andrew Staniland fait intervenir de l'ordinateur interactif qui improvise, des samples de guitares électriques et de la distorsion. On baigne dans l'univers de la musique contemporaine sur des cycles rythmiques très mathématiques. Plus loin, la mélodie reprendra vie et rappellera davantage la musique classique ou même celtique dans une suite de pièces aux harmonies limitées, alors que violon et tabla se livrent à plusieurs unissons. Le disque est à la fois déroutant, étrange, mais créatif au possible, reflétant un nouveau type de pratique savante.
Yves Bernard

The Attar Project: In Five


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Monde
NKOLO
Lokua Kanza
World Village
Après Plus vivant, l'album qu'il interprétait en français, le doux chanteur rend hommage à Nkolo, «Dieu» en langue lingala. Ici, le ton est au recueillement et le chant de cette voix céleste est plus fluide que jamais. Sur une musique dénudée, Lokua intègre dans son folk africain de vibrants dialogues vocaux et des instruments qui, comme les ondes Martenot ou le cristal Baschet, confèrent une atmosphère encore plus discrètement céleste. Certaines pièces plus rythmées rappellent la rumba congolaise que l'on joue spontanément au village. D'autres évoquent le Brésil, avec le cuica à l'appui. Un piano apparaît parfois, aussi intime que les bruits de savane, le kalimba, la contrebasse ou les nappes de synthé qui ponctuent les ambiances comme un bourdon. Lokua chante les valeurs humaines, la douleur de l'exil, l'amour et son jardin de lumière intérieure. Il s'agit bien de cela. Nkolo est l'un des disques les plus pénétrants de cet artiste sensible.
Yves Bernard

Lokua Kanza: Nkolo


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Pop
HAPPEN AGAIN
Andy Kim
Iceworks - E1
Dans la série des grands disparus réapparus, dans la foulée du cher Donald (Lautrec, pas le canard), revoilà Andy Kim sur disque et en spectacle (le 9 juin, à L'Astral). Andy qui? Andy Kim. Ou Baron Longfellow, c'est comme vous voulez, le Montréalais d'origine Andrew Youakim a également fait carrière sous ce nom-là, dans les années 80. Authentique génie de la pop acidulée, que cet Andy Kim, on l'a oublié. Rock Me Gently, en 1974, c'était lui. Le groupe-cartoon The Archies aussi: on lui doit, avec Jeff Barry, la boule de gomme éternellement balloune qu'est Sugar, Sugar. Ce lot inespéré de nouveaux bijoux d'orfèvrerie pop sertis par Ed Robertson, des Barenaked Ladies, fait le même effet au palais que les derniers Neil Diamond réalisés par Rick Rubin. La même sensibilité indie au service d'une pop qui fait des bulles. Littéralement, Three Days in Heaven, Judy Garland, la chanson-titre pétillent sur les papilles. C'est moins frais au fond du sachet, mais le bon goût général persiste. Du bon bonbon.
Sylvain Cormier

Andy Kim: Judy Garland


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Néo-psychédélique
THE DARK SIDE OF THE MOON
The Flaming Lips & Stardeath and White Dwarfs
Warner
Dites donc, les gars, si on s'offrait The Dark Side of the Moon? Au complet? Au complet. Pas de souci, se sont dit les Flaming Lips, aventureux de nature. Ne nous ont-ils pas donné The Soft Bulletin, remarquable et cultissime opus de 1999, de l'avis général un peu beaucoup le Pet Sounds des Beach Boys version science-fiction? Tout est possible pour ces fêlés de l'Oklahoma. Mais il faut plus que de la faconde pour repeindre la Joconde: transcender l'oeuvre, telle est l'exigence. Mandat rempli? En vérité, plus on connaît son Dark Side, plus on apprécie la folle entreprise. Ça va nettement plus loin que Booker T. & The MG's baignant tout l'Abbey Road des Beatles dans leur soul sudiste (McLemore Avenue, en 1970): les lippus sont des extrémistes. Extrêmement planant (Us and Them, Brain Damage), extrêmement machinique (Money) ou carrément bizarre (On the Run), c'est du Pink Floyd exacerbé, mais jamais dénaturé. En sus, Henry Rollins assure la... narration. Fascinant exercice.
Sylvain Cormier

Flaming Lips: The Great Gig in the Sky


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Chanson
Clair
JP Nataf
Tôt ou tard

Pour exorciser sa longue carrière avec son défunt groupe Les Innocents, le Français JP Nataf avait fait paraître en 2005 Plus de sucre, un magnifique premier album solo rempli de délicates bombes (Mon ami d'en haut, Ovale lune, La Grande Ourse), qu'on fredonne encore cinq ans plus tard. Cinq ans, c'est ce qu'il aura fallu à Nataf pour pondre Clair, nouveau recueil de perles intrigantes. Le multi-instrumentiste réussit comme peu le font à bricoler des pièces folk aux apparences simples mais à la structure hors normes, complexe, qui se joue des codes. Pensez à ses bons amis Mathieu Boogaerts et Albin de la Simone, deux autres extraterrestres de la chanson. Nataf, dont le propos demande parfois attention et décryptage, gratte abondamment sa guitare aux cordes de nylon et enrobe quelques titres de banjo, d'orgue, et de délicates percussions. Clair offre un grand plaisir, introspectif certes, mais un grand plaisir tout de même. On vous en reparle aux FrancoFolies.
Philippe Papineau

JP Nataf: Elle

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