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Sylvain Cormier 
27 avril 2012  Culture / Musique
Disque - Jack White, Blunderbuss



Rock
BLUNDERBUSS

Jack White

Third Man Columbia

Tout seul, Jack ? Le voilà sans Meg White ni Stripes, sans les Raconteurs, sans le Dead Weather, sans même Loretta ou Wanda pour lui justifier l’agenda.

Divorcé de son groupe, de Karen Elson. Seul et esseulé, le gars. Pourtant, écouter ce premier disque à sa propre enseigne, c’est constater que m’sieur Blanc est une foule : en lui, à travers lui, les champions de l’histoire du rock exultent. Quand Jack reprend I’m Shakin’de Little Willie John, il traverse les Black Crowes de Hard to Handle et résume tout Led Zep. Dans Sixteen Saltines, ses mains sont les mains de Pete Townsend et plaquent un furieux riff décanté d’I’m Free. Dans Trash Tongue Talker, ce piano à ressorts est du piano d’Elton. Il y a du Take Five de Brubeck dans Take Me With You When You Go. On est tout le temps dans l’emprunt, mais dans l’emprunt de génie : à la fois du vrai vol et du pur Jack White. Avec ses musiciennes expertes en groove, le blanc-bec réinvente carrément la roue. Tout redevient possible. Même l’avenir.

Jack White - On and On and On


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