Nous connaissons bien Christian Gerhaher à Montréal, puisqu’il est l’un des solistes vocaux préférés de Kent Nagano et que le directeur musical de l’OSM a, en matière de voix, un goût fin, souvent très aiguisé. L’art de Christian Gerhaher est le plus directement hérité de Dietrich Fischer-Dieskau, car il est un « chanteur-diseur » de premier ordre. Contrairement au stentor Florian Boesch, qui chante le lied comme s’il était dans une arène de boxe, Gerhaher possède le sens inné de l’ambitus dynamique et expressif de ce genre musical. Son nouveau programme, ardu mais pas aride, est dédié aux bien-aimés lointains, dans leur ensemble, et va donc au-delà du cycle de Beethoven sur ce thème. Approcher Le livre des jardins suspendus de Schoenberg dans ces conditions est optimal. Notez le phénoménal accompagnement de Huber dans les Altenberg-Lieder de Berg.