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Gérard Bérubé
24 janvier 2012 Économie / Actualités économiques
Divergences de vues sur les régimes de pension du secteur public
La difficile tâche de concilier travail et retraite ressort clairement dans les premières heures d'une consultation publique sur la problématique du vieillissement de la main-d'œuvre québécoise. Si l'on retient que les incitatifs à une retraite hâtive doivent être éliminés, la divergence demeure quant à la stimulation de l'épargne-retraite et au statu quo dans les régimes de pension du secteur public.
Dans son rapport déposé le 22 septembre dernier, la Commission nationale sur la participation au marché du travail des travailleurs expérimentés de 55 ans et plus (C55+) parlait du vieillissement accéléré de la population québécoise. «Dès 2013, la population en âge de travailler va diminuer au Québec, pour la première fois de notre histoire récente.» Et l'on retenait que «les Québécois partent tôt à la retraite et n'entendent pas changer de comportement. De plus, ils n'épargnent pas suffisamment en prévision de la retraite.»
Le gouvernement québécois avait accueilli favorablement ce rapport, tout en rejetant d'emblée deux propositions: le relèvement du pourcentage de la masse salariale consacré à la formation de la main-d'oeuvre et l'exigence d'une cotisation obligatoire des employeurs et employés lors de la mise en place des nouveaux régimes volontaires d'épargne-retraite.
Hier, dans le cadre du processus de consultation publique devant conduire au dépôt des propositions du C55+ au printemps, Martine Hébert, vice-présidente, Québec de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), s'est faite l'apôtre de mesures incitatives permettant aux entreprises d'embaucher un travailleur de plus de 55 ans. Quant au renforcement de l'épargne retraite, la FCEI considère comme inacceptables les recommandations suggérant de doubler les cotisations à la Régie des rentes du Québec. Et elle a souligné au passage que «le moment est venu de faire le ménage dans les régimes de pension du secteur public qui hypothèquent l'avenir de l'ensemble des citoyens».
La Fédération des femmes du Québec, le Conseil d'intervention pour l'accès des femmes au travail et le Régime de retraite des groupes communautaires et de femmes ont opposé à la FCEI l'argument de l'iniquité. «Les solutions envisagées reposent principalement sur un affaiblissement des régimes de retraite publics et privés. Ce sont les femmes qui subiront l'impact le plus important des coupures. À cause de leurs salaires plus faibles et leurs responsabilités familiales, elles sont moins capables d'épargner pendant leur vie active. De plus, compte tenu de leur plus longue espérance de vie, elles devront se débrouiller avec moins d'argent pendant plus longtemps», ont soutenu ces organisations.
Au Conseil du patronat du Québec (CPQ), on a également joué la carte du crédit d'impôt pour la formation des travailleurs de 55 ans et plus, et de la désincitation à une retraite hâtive. «Un changement de mentalité s'impose pour faire en sorte que la retraite anticipée ne soit plus considérée comme un droit.» Mais le CPQ juge «inappropriée toute augmentation de cotisations à la Régie des rentes du Québec à cause de ses effets négatifs sur l'emploi, les salaires et la compétitivité des entreprises. Si on envisageait l'augmentation de ces cotisations, il faudrait certainement, en contrepartie, considérer la possibilité de repousser l'âge normal de la retraite (65 ans) comme plusieurs pays le font présentement à travers le monde», peut-on lire dans le communiqué de l'organisation patronale.
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