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Philippe Laguë 
16 janvier 2012  Économie / Automobile
Le bulletin des constructeurs automobiles - Le meilleur et le pire à l'aube de 2012

Photo : Source: Mike Cassese

On peut maintenant parler de tradition, puisque ce bulletin des constructeurs automobiles en est à sa quatrième année. Pourquoi en début d'année? Parce que janvier, c'est le mois des salons de l'auto de Detroit et de Montréal, deux occasions de voir les nouveautés de l'année en cours et celles de l'année prochaine. Voici donc le bulletin de l'année modèle 2012.

En hausse

General Motors: avec ses nouvelles Sonic et Spark, ainsi qu'une Malibu redessinée et une Cruze qui se vend très bien, Chevrolet est en excellente santé. Buick n'est pas en reste: la Regal est une belle et bonne voiture et la petite Verano devrait élargir la clientèle tout comme l'Encore, un petit véhicule multisegment de luxe qui va jouer dans la cour des BMW X1 et Range Rover Evoque. Présenté à Detroit, l'Encore n'a recueilli que des commentaires positifs. On disait cette marque moribonde; elle est en train de renaître. Comme l'autre marque de prestige de GM, Cadillac. Présentée elle aussi à Detroit, l'ATS est la future rivale des BMW Série 3, Mercedes Classe C et Audi A4. Et pour une fois, on y croit: la CTS a prouvé qu'une Cadillac pouvait rivaliser avec les allemandes.
Note: 8/10 (+1)

Mazda: les Mazda ont ce qui manque cruellement aux Honda, Toyota et Nissan: de la personnalité. Mais elles avaient un talon d'Achille: leur consommation. Il y a 7 ou 8 ans, passait encore, mais plus aujourd'hui. Le problème est maintenant réglé, grâce à la technologie SkyActiv. La populaire Mazda3 en dispose déjà, tout comme le nouveau CX-5. Et cette technologie, axée sur la réduction de la consommation, va s'appliquer à tous les futurs modèles. En bonnes japonaises, les Mazda brillent aussi par leur fiabilité.
Note: 9/10 (+1)

Toyota: qualité à la baisse, problèmes mécaniques montés en épingle dans les médias américains, tsunami... Les années se suivent et se ressemblent pour Toyota, qui pourrait bien perdre sa place de numéro 1 mondial cette année. Tant mieux, au fond, puisque cette couronne semble lui avoir porté malheur. Qu'en est-il maintenant? Les faits parlent d'eux-mêmes: la fiabilité est toujours la qualité première des Toyota, dont la quasi-totalité de la gamme est recommandée par Consumer Reports et l'APA. Idem pour Lexus. Dommage qu'elles soient aussi peu charismatiques et si rarement jolies. L'achat cartésien par excellence.
Note: 8/10 (+1)

Volvo: naguère très prisée chez nous, cette marque n'est plus que l'ombre de ce qu'elle a été. L'achat de Volvo par Geely, un constructeur chinois, sera-t-elle le clou dans le cercueil? Ou est-ce que ce sera, au contraire, le début du renouveau? Un modèle comme la S60 permet d'espérer des jours meilleurs, mais n'oublions pas qu'elle a été conçue lorsque la marque suédoise appartenait à Ford. À suivre.
Note: 5/10 (+1)

Stable


BMW: la marque bavaroise s'est plantée à deux reprises, ces dernières années, d'abord avec le X6, un multisegment aussi inutile qu'énergivore, puis avec la Série 5 GT, un fiasco. L'électronique à bord peut aussi être exaspérante, au point de rebuter certains acheteurs. De plus, la fiabilité n'est pas toujours au rendez-vous et le service après-vente varie beaucoup d'un concessionnaire à l'autre. La Série 3 demeure cependant l'une des meilleures voitures au monde; la prochaine génération devrait arriver chez nous au cours des prochains mois. Avec la nouvelle Roadster, la gamme MINI compte désormais 6 modèles.
Note: 6/10

Hyundai: le malheur des uns fait le bonheur des autres. Les déboires des constructeurs japonais, durement touchés par le tsunami, ont profité aux constructeurs américains et coréens. Le grand gagnant aura été Hyundai, qui a augmenté sa part de marché aux États-Unis, grugeant l'avance naguère insurmontable de Honda et de Toyota. Mais la remontée de la marque coréenne est d'abord et avant tout redevable à l'amélioration — spectaculaire — de ses voitures depuis 20 ans. Les Accent, Elantra et Sonata ont été renouvelées au cours des deux dernières années et deux modèles de prestige sont venus s'ajouter (Genesis et Equus). Résultat: la gamme Hyundai n'a jamais été aussi attrayante. Cela vaut aussi pour les Kia, qui sont des jumelles (non identiques) des Hyundai. Et contrairement aux fades japonaises, elles ont de la gueule.
Note: 9/10

Mercedes: affligée par des problèmes de fiabilité sans précédent depuis une dizaine d'années, la prestigieuse marque allemande commence à reprendre du mieux. Les trois plus gros vendeurs de la marque (Classe C, Classe E, GLK) sont recommandés par Consumer Reports, une publication qui ne l'a pas épargnée ces dernières années — avec raison. Trop chère, la Smart Fortwo est la dernière de classe du guide annuel Autos du magazine Protégez-vous, qui lui décerne deux étoiles. Mercedes compte aussi de nombreux gros buveurs dans sa gamme de modèles.
Note: 6/10

Mitsubishi: au Canada, les ventes de Mitsubishi progressent lentement, mais sûrement. La gamme nord-américaine de ce constructeur n'a pas de sous-compacte ni de berline intermédiaire, deux gros trous. Elle peut toutefois compter sur deux petits multisegments qui ne sont pas dénués d'attrait: l'Outlander et le RVR. Oubliez la voiture électrique i-Miev, peu convaincante et laide comme un pichou.
Note: 7/10

Subaru: ce que les Subaru ont gagné en raffinement, elles l'ont perdu en caractère. La Legacy distille autant de plaisir qu'une Toyota Camry, c'est tout dire. Mais elles sont fiables, plus confortables que jamais et sans égale dans la neige. Voilà pourquoi je les recommande aussi souvent.
Note: 8/10

Susuki: comme l'expliquait mon collègue Luc Gagné la semaine dernière dans cette page, Suzuki est un constructeur qui pèse plus lourd qu'on pense: à l'échelle planétaire, il se vend plus de Suzuki que de Mazda, Honda, Mitsubishi et même Chrysler! Mais en Amérique du Nord, Suzuki n'est jamais parvenu à s'imposer. Au Canada, les ventes ont même régressé et une rumeur voulant que Suzuki quitte le continent a même circulé l'année dernière. Le nouveau président de Suzuki Canada jure qu'il n'en est rien et il entend remettre cette marque sur les rails. Grosse commande, mais pas impossible, car la qualité est là, avec des modèles comme la SX4, la Grand Vitara et la Kizashi (dans ce cas-ci, un changement de nom ne ferait pas de tort...).
Note: 7/10

Volkswagen: pour enfin percer aux États-Unis et devenir le premier constructeur mondial, Volkswagen a employé la même recette que Toyota: concevoir des voitures pour les Américains, donc différentes de celles vendues en Europe et sur les autres marchés. La nouvelle Passat est même Made in USA, au Tennessee, plus précisément. La Jetta que nous avons est aussi réservée à notre continent. Preuve que cette stratégie était la bonne, les ventes de VW aux États-Unis ont explosé. Si vous voulez une «vraie» VW, amusante à conduire et fabriquée en Allemagne, il reste toujours la Golf. Consumer Reports et l'APA la recommandent.
Note: 8/10

En baisse

Audi: depuis deux ans, la marque aux anneaux enregistre des ventes records en Amérique du Nord et en Chine, les deux plus importants marchés de l'industrie automobile. Avec l'ajout récent du coupé quatre portes A7 Sportback, la gamme n'a jamais été aussi complète. Les victoires aux 24 Heures du Mans renforcent par ailleurs l'image de savoir-faire technologique de ce constructeur. La fiabilité est toutefois inégale: les A3, A4 et A5 ont fait leurs preuves, mais selon Consumer Reports, les multisegments Q5 et Q7 se classent sous la moyenne.
Note: 8/10 (-1)

Chrysler: le moins qu'on puisse dire, c'est que le grand retour de Fiat en Amérique du Nord n'a pas été un événement marquant. Les ventes de la petite 500 ont été nettement en deçà des attentes des concessionnaires (et de Sergio Marchionne, grand patron du constructeur italo-américain). Les Charger et 300 ont été brillamment renouvelées, mais la 200 et sa jumelle, la Dodge Avenger, ne sont toujours pas de taille devant leurs concurrentes. L'absence d'une sous-compacte se fait aussi sentir et la compacte Caliber est une voiture médiocre. Sa remplaçante, la Dodge Dart, a été dévoilée à Detroit: plate-forme d'Alfa Romeo, moteurs Fiat, design inspiré... Tout ça est prometteur. Chez Jeep, seule la Grand Cherokee est recommandée par Consumer Reports. Là aussi, de nouveaux modèles sont attendus.
Note: 6/10 (-1)

Ford: portée par ses succès des dernières années, Ford a subi un rappel à l'ordre l'année dernière; sa nouvelle Focus a connu des problèmes de jeunesse et son système multimédia MyTouch a été unanimement décrié. Et puis il y a Lincoln, qui n'arrive pas à se renouveler, comme l'a si bien fait sa rivale de toujours, Cadillac. Toutefois, la MKS et, surtout, la future MKZ, présentée à Detroit, montrent que tout n'est pas perdu. La Fusion, une berline intermédiaire à la fiabilité exemplaire, les populaires camionnettes F-150 et la Mustang, une légende vivante, demeurent les figures de proue de la firme de Dearborn.
Note: 8/10 (-1)

Honda: tsunami, ventes à la baisse, accueil tiède pour la nouvelle Civic... Honda vient de connaître son annus horribilis. Les Acura et Honda sont pourtant tout sauf de mauvaises voitures: elles continuent de se classer parmi les plus fiables, leur raffinement mécanique est indéniable, elles consomment peu... Mais ces qualités toutes cartésiennes ne suffisent plus. Leurs rivales sont (presque) aussi fiables, aussi confortables, aussi raffinées et, surtout, elles sont PLUS BELLES! Les Honda passent inaperçues, tandis que certaines Acura arrêtent le sang tant elles sont laides. S'il y a un problème chez Honda, il est là. La future Acura NSX, un spectaculaire bolide présenté à Detroit, ainsi que la berline ILX, le nouveau modèle d'entrée de gamme chez Acura, annoncent peut-être un renouveau. On le souhaite.
Note: 8/10 (-1)

Jaguar (et Land Rover): invisible au Canada (et surtout au Québec), la marque indo-britannique a fait une croix sur le Salon de Detroit; elle a plutôt misé sur le salon de New Delhi, dont le prestige est comparable à celui du Festival western du camping de Sainte-Madeleine. Certes, le propriétaire du groupe Jaguar Land Rover, Tata Motors, est indien, mais ce choix est aussi stratégique: l'avenir, disent les spécialistes de tout poil, est dans les marchés émergents. L'Amérique du Nord serait-elle devenue quantité négligeable? Ou est-ce parce que les Chinois ou les Indiens sont moins pointilleux que les Occidentaux sur la fiabilité? Car à ce chapitre, il y a encore place à amélioration : Jaguar et Land Rover sont des abonnés aux dernières places.
Note: 4/10 (-1)

Nissan: Nissan n'a pas la réputation de Honda ou de Toyota, et pourtant, cette marque n'a rien à leur envier, tant sur le plan de la qualité que de la fiabilité. Ses designers sont capables du meilleur (370Z) et, surtout, du pire (Sentra, Quest, Cube et Juke). Sans parler de la GT-R, assurément spectaculaire, mais belle? Même problème chez Infiniti, avec les berlines et coupés G, plutôt bien tournés, et des monstruosités comme les M, FX et QX.
Note: 8/10 (-1)

Porsche: avec un VUS (Cayenne), une berline (Panamera), un roadster (Boxster) et une «911 de poche» (Cayman), la gamme Porsche n'a jamais compté autant de modèles. Que du bon, en plus. Et la nouvelle 911 réussit, encore une fois, à rehausser la barre. Comment font-ils!? En plus, elles sont fiables, exception faite de la Cayenne, qui éprouve encore des problèmes.
Note : 8/10 (-1)

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Collaborateur du Devoir
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