Louis-Gilles Francoeur 11 février 2012 Environnement / Actualités sur l'environnement Programme Novoclimat - Québec veut hausser les normes de construction des nouveaux bâtiments
Photo : François Pesant - Le Devoir
Le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, annoncera lundi que Québec entend hausser les normes de construction des nouveaux bâtiments au niveau du programme Novoclimat, comblant ainsi un retard qui sera alors de cinq ans par rapport aux engagements du gouvernement Charest, a appris Le Devoir de sources bien informées.
Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) va donc consulter le milieu de la construction d'ici juillet sur la mise en place de ces normes, qui demeureront toutefois en deçà des normes fédérales R-2000. Ces dernières ne visent pas que l'enveloppe du bâtiment, mais son bilan énergétique global, comme le veut la logique normative européenne.
Le vieux Code du bâtiment a déjà près de 25 ans. S'il avait été changé il y a quatre ans, comme l'exigeaient la Stratégie énergétique du gouvernement Charest et son Plan d'action sur les changements climatiques, 150 000 nouvelles maisons auraient vu leur bilan énergétique réduit de 20 à 25 % pour les 100 prochaines années.
Le retard de Québec dans ce dossier, révélé en juin dernier par Le Devoir, avait suscité de vives réactions du milieu environnemental. La Fondation Rivières avait notamment évalué le coût en pertes d'énergie à 6,3 millions par année, soit un gaspillage qui équivaut à la production de 4 des 13 nouvelles petites centrales planifiées par Québec.
Le ministre Arcand versera 3 millions en provenance du Fonds vert à la Régie du bâtiment pour la mise en oeuvre de cette réforme. L'enquête du Devoir avait permis d'apprendre que le ministère de l'Environnement favorisait une certification, maison par maison, comme on le fait pour l'électricité et la plomberie, par des spécialistes certifiés plutôt que sur une base d'échantillon.
Les modifications apportées au Code porteront notamment sur l'isolation, les ponts thermiques, l'étanchéité à l'air, la fenestration et la ventilation mécanique.
Le ministre entend souligner le fait que cette «nouvelle mesure ne fera que des gagnants» puisque les dépenses supplémentaires pourront être récupérées en trois ou quatre ans.