Le chef de file de la Nouvelle Démocratie (ND), Antonis Samaras, 61 ans, s’est fixé l’objectif de former immédiatement un tel cabinet de salut national sur une ligne pro-euro, n’ayant pas obtenu la majorité.
Prônant le maintien du pays dans la zone euro à tout prix, M. Samaras a cependant estimé qu’il devait « mener les négociations nécessaires du plan » de rigueur, imposé à la Grèce depuis 2010.
« Il y a un impératif catégorique de former un gouvernement » dès lundi a affirmé pour sa part le président de la République, Carolos Papoulias qui a confié à Samaras, un mandat exploratoire pour tenter cette tâche difficile.
La ND l’a emporté avec 29,66 % des voix, s’adjugeant 129 sièges sur 300 au parlement, suivi par le Syriza, à 26,89 % et 71 sièges, et le Pasok socialiste, selon les résultats officiels. « Un verdict en forme de soupir de soulagement », titrait le quotidien de centre droit Kathimerini, alors que Ta Néa, au centre gauche, exigeait à la une « Un gouvernement, tout de suite ».
Pour le politologue John Loulis, « il s’agit d’un vote de peur de sortie de l’euro, pas d’un soutien réel aux réformes. Le gouvernement sera fragile, sans grande base populaire, le pays risque de n’avoir qu’un répit. »
Une polarisation très nette a bénéficié à la ND et à Syriza, le parti communiste KKE enregistrant une chute historique mais le parti néonazi l’Aube dorée, Chryssi Avghi a conforté sa position, avec 18 députés.
Plongeant le pays dans le brouillard, provoquant une exaspération en Europe et la suspension du versement de 2,6 milliards d’euros d’aide, le précédent scrutin du 6 mai n’avait pas dégagé de majorité ou de coalition de gouvernement. Depuis, la Grèce semble au bord de la faillite, les indicateurs sont au rouge vif : un PIB en chute de 6,5 %, le chômage à 22,6 %, une hémorragie quotidienne des dépôts bancaires, et des caisses publiques qui pourraient être vides mi-juillet.
De son côté, M. Venizélos a estimé hier qu’il était nécessaire de former un gouvernement « de responsabilité nationale » des principaux partis d’ici ce soir sous l’égide du président de la République, Carolos Papoulias. Ce dernier a donné hier matin le mandat à M. Samaras, 61 ans, pour former dans les trois jours un gouvernement de coalition sous son égide, comme le prévoit la Constitution.
Après avoir rencontré son rival Alexis Tsipras, chef de la gauche radicale anti-rigueur Syriza, qui a refusé de participer à un gouvernement de coalition sous l’égide de la droite, M. Samaras s’est adressé à M. Venizélos dont le parti est arrivé en troisième place lors du scrutin de dimanche. Ex-ministre des Finances, M. Venizélos a souligné que le point crucial était « la formation d’un gouvernement avec le plus large consensus d’ici mardi soir ». « Il ne faut pas tarder » à former ce gouvernement, a dit M. Venizélos, vu la situation fragile de l’économie du pays et l’incertitude politique depuis près de deux mois.
Dimanche soir, M. Venizélos avait indiqué qu’il n’allait pas participer à un gouvernement sans la participation de la gauche Syriza. Il a critiqué le refus de M. Tsipras lundi, en soulignant que la position du chef de la gauche radicale « était provocatrice et décevante pour la démocratie ».
Après un soulagement pour l’Europe de la victoire de la droite pro-euro aux législatives de dimanche, les dirigeants européens attendent la formation le plus tôt possible d’un gouvernement de coalition, capable de poursuivre les réformes réclamées par les créanciers, UE et FMI, en échange de la poursuite des versements des prêts internationaux.
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