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Robert Dutrisac 
20 mars 2013  Politique / Québec
Marois évoque les conditions pour signer la Constitution

Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir

Québec — La première ministre Pauline Marois a failli glisser sur une pelure de banane, mardi, en décrivant les conditions nécessaires pour que le Québec signe la Constitution canadienne.

« D’abord, il faudrait peut-être la réécrire [la Constitution] telle qu’elle reconnaîtrait, à tout le moins, un des deux peuples fondateurs, avec notre capacité à intervenir en matière linguistique », a répondu Pauline Marois à un journaliste qui lui demandait quels critères cela prendrait pour que le Québec signe la Constitution canadienne.


Mais, réalisant sur quel terrain glissant elle s’aventurait en envisageant le renouvellement de la fédération, la chef péquiste s’est empressée de corriger le tir. Elle a ajouté que le Parti québécois ne veut pas signer la Constitution canadienne, mais plutôt doter le Québec de sa propre constitution. « Je crois que le chemin que doit suivre le Québec, c’est le chemin qui le mène à sa liberté, et ça, c’est la souveraineté du Québec », a-t-elle déclaré, se montrant fidèle à l’orthodoxie.


La première ministre s’est étonnée que le chef libéral, Philippe Couillard, envisage de signer la Constitution canadienne, et ce, sans consulter la population. « Il a l’air de vouloir régler ça comme d’un coup de cuillère à pot alors que, dans son parti, on dit depuis des mois, des années, que le fruit n’est pas mûr. »

 

Ténors péquistes


Des ténors péquistes ont fustigé Philippe Couillard, qui a indiqué lundi que le Québec pourrait signer la Constitution canadienne sans que la population soit consultée par voie de référendum. Le chef libéral souhaite que le Québec procède à cette ratification et voit dans la célébration du 150e anniversaire du Canada en 2017 « une fenêtre symbolique » pour ce faire. « On aura d’abord des discussions au parti sur l’identité du Québec, le caractère spécifique et distinct du Québec », a signalé Philippe Couillard mardi. Les questions d’identité ne sont pas « la propriété » d’un seul parti, le PQ, a-t-il soutenu. « La chance qu’on a au Parti libéral du Québec, c’est de réunir dans nos rangs toutes les communautés au Québec de façon très inclusive. On est donc très bien placé pour avoir d’abord cette conversation à l’interne. »


C’est le ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur, Jean-François Lisée, qui s’est montré le plus cinglant. « C’est ahurissant, c’est incroyable, c’est antidémocratique », s’est insurgé le ministre. « C’est quelqu’un qui doit conduire un des grands partis de l’histoire du Québec et qui ne sait pas que l’immense gouffre qui sépare le Québec et le Canada, si, un jour, il doit être réparé, il doit être réparé avec l’adhésion du peuple québécois par référendum. »


Le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, aux côtés de son collègue Alexandre Cloutier, s’est demandé si Philippe Couillard avait peur de l’opinion majoritaire des Québécois. « S’il refuse de s’engager à consulter les Québécois, il se sera disqualifié lui-même du poste de premier ministre du Québec », juge-t-il.


Pour sa part, la porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a qualifié la position du chef libéral de « faible et naïve ». Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a fait valoir de son côté que les Québécois souhaitent « qu’on sorte de l’imaginaire » pour parler d’économie et de gouvernance.

 

Avec Jessica Nadeau

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