La Presse canadienne 23 décembre 2011 Société / Actualités en société Les inondations en Montérégie, l'événement météorologique de l'année au Québec
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Sans surprise, les inondations en Montérégie ont été désignées par Environnement Canada comme l'événement météo numéro 1 au Québec en 2011.
«Ce sont les pires inondations à survenir au Québec. C'est un événement qui a l'envergure du déluge du Saguenay en 1996 ou du verglas de 1998», a résumé René Héroux, météorologue chez Environnement Canada, au cours d'une rencontre avec la presse hier à Montréal.
Ces inondations extraordinaires étaient dues à une conjonction de facteurs: des chutes de neige abondantes dans les Adirondacks et les montagnes Vertes, une fonte des neiges très rapide en mars à cause de températures avoisinant les 20 degrés, un lac Champlain qui, comme grand bassin, réagit lentement, et de fortes pluies en avril, a-t-il expliqué.
Il estime très peu probable que de telles inondations se produisent de nouveau à cet endroit. «C'est sûr que le Richelieu, c'était du jamais vu. Les risques de revoir un tel événement sont tout de même assez minces. Ravoir cette même séquence d'événements là, les risques sont tout de même assez minces. Mais si ce n'est pas le Richelieu, ça peut être ailleurs ou ça peut être de fortes pluies comme il y a eu dans l'Outaouais», a-t-il précisé.
Il a toutefois prévenu que, de façon générale, «des inondations ou des sécheresses, on va être appelés à en avoir plus souvent qu'auparavant».
Le passage de la tempête Irene arrive en deuxième place, suivi de l'été des extrêmes et de l'automne très doux. «Septembre, octobre et novembre, ces trois mois, cette séquence-là est la plus chaude jamais observée pour plusieurs stations [météorologiques], plusieurs endroits de l'ouest du Québec jusqu'aux portes du Bas-Saint-Laurent», a noté M. Héroux.
Au Canada
Les inondations du Richelieu ont été si exceptionnelles qu'elles occupent le troisième rang des événements météorologiques pour l'ensemble du Canada.
L'événement le plus marquant au Canada, toutefois, est l'inondation dans l'ouest du pays qui a commencé au printemps et s'est éternisée jusqu'en été. Environnement Canada souligne qu'il s'agit des niveaux et débits d'eau les plus élevés de l'histoire moderne dans certaines régions du Manitoba et de la Saskatchewan.
Arrive au deuxième rang l'incendie de Slave Lake. Cette petite ville du nord de l'Alberta a été frappée par un incendie, aggravé par des vents de 100 km/h. Le tiers des maisons y ont été détruites, soit 400. Les dommages ont été évalués à 700 millions de dollars.
Il s'agit de la catastrophe la plus coûteuse après le verglas de 1998 au Québec, qui avait coûté quelque 1,8 milliard de dollars, a indiqué M. Héroux.
La multiplication de ces événements météorologiques exceptionnels est-elle due aux changements climatiques?
M. Héroux s'est montré prudent. «C'est sûr que les changements climatiques, c'est omniprésent. Il y a une empreinte très définitive des changements du climat. Par contre, on ne peut jamais dire ou apposer une étiquette à un événement et dire: "voilà, cet événement-là est strictement dû aux changements climatiques"», a-t-il conclu.