« Je crois qu’on est plus politisé sur les médias sociaux, a confié le spécialiste en entrevue. Les analystes dans les journaux ou les médias traditionnels ont un devoir de réserve que l’individu, le citoyen ne conservera pas, choisissant souvent au contraire de s’exprimer sans retenue. Plus politisé, car c’est le choix de chaque individu d’y exposer ses opinions et qu’il y a une action, un geste nécessaire pour aller sur l’ordinateur émettre une opinion et la publiciser. Ça ne veut pas dire que l’opinion est réfléchie, analysée, ou bien contextualisée. »
Il remarque qu’un message neutre passe moins bien sur Twitter qu’une position tranchée. « C’est un média d’opinion, un éditorial constant, un microsondage à chaque seconde sur des questions qu’on ne choisit pas. De la politique brute, finalement. C’est un média citoyen, et malgré ses nombreuses faiblesses, c’est peut-être la première fois de l’histoire que les opinions sont si diffusées. »
Selon lui, Twitter est un média de réaction, extrêmement collaboratif et participatif, extrêmement volatil, qui permet de voir émerger les débats et opinions. « Si je compare à un plan d’eau, Twitter serait la broue, l’écume. Il faut par contre voir aussi le courant de fond plutôt que les seules vaguelettes sur le dessus. »
Ce courant de fond, c’est aussi les médias traditionnels, dit Olivier H. Beauchesne « Peu importe ce qu’on dit des grands médias en général, ils ont une grande indépendance, l’expérience, un recul qui leur permet de faire des analyses posées, de contextualiser. Les médias traditionnels ont encore leur place et sont extrêmement importants. Ils peuvent et doivent exister en même temps que les médias sociaux. C’est symbiotique. »
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